Lorsque j’ai lu la première fois Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce, ce fut un choc, comparable à celui que j’ai éprouvé quelques années auparavant à la lecture de Saleté de Robert Schneider.
Et à chaque fois ce désir impérieux de mettre en scène ces textes, d’éprouver ces écritures capables de déclencher autant d’émotions, de colères, de réflexions esthétiques et
par-dessus tout, porteuses d’une telle HUMANITE.
Ces lectures vous laissent sans mot comme à la fin de certaines représentations où l’on ne peut applaudir tout de suite. Il faut du temps…
juste un peu de temps.
En mai 2001, la Maison de la Culture d’Amiens m’a proposé de diriger un travail de recherche avec les comédiens engagés cette année-là.
J’ai choisi Juste la fin du monde. Nous avons travaillé trois semaines ce qui correspond à peu près à la première partie du texte.
A la fin de cet atelier, nous avons présenté notre travail ; l’émotion et les commentaires des personnes présentes m’ont profondément touché et fortement encouragé à
poursuivre ce travail.
Aujourd’hui, j’ai hâte qu’il soit prolongé et rencontre un plus large public.
Bernard Levy