J'avais vu "Nous, les héros", mis en scène par Guillaume Vincent au TNS, et j'avais aimé, sans plus, dommage que le côté historique de la pièce soit passé aux oubliettes...
J'avais regardé des extraits de diverses scène et notamment du prologue de "Juste la fin du monde" mis en scène par Joël Jouanneau que j'avais trouvé magnifique... Alors en
allant voir cette pièce à la Comédie-Française, je m'attendais à du pur grandiose. Hélas, j'ai trouvé cette mise en scène mauvaise, et ratée. J'ai eu l'impression qu'elle avait
été calibrée pour une classe de sixième, et encore, si ça avait été le cas, pourquoi s'est-on s'est autant ennuyé ? Comment se fait-il que l'on ai eu droit à de la symbolique de
premier étage du genre ces cartes postales sur l'avant-scène qui allait bêtement dans le public sous le prétexte de l'intime ? Pire encore, le jeu des acteurs. Imbuvable. Le
Louis si sublime dans le texte de Lagarce devient sous nos yeux, laid et grossier. Le prologue est minablement raté, Suzanne est insupportable (et bien que le théâtre peut être
insupportable sous couvert du sens qu'il véhicule, ici il n'a pas lieu de l'être) et la fin, ce lever de rideau avec cette symbolique grotesque m'a exaspéré au plus au
point.
Alors que je déteste être d'accord avec notre président, je me demande comment peut-on tellement s'ennuyer, mais pire, comment peut-on présenter une mise en scène telle que
celle-ci dans la vitrine du théâtre français. Je crois que je n'irai plus à la Comédie-Française d'ici un bout de temps...
Je me lance pour le premier commentaire.
Je ne connais pas les précédentes mises en scène (il faut dire que je connais encore assez peu Lagarce et étais dans l'expectative sur les premières vraies rencontres), celle-ci
m'a paru remarquable, en tout cas elle m'a accrochée.
Cette proximité créée par la scène qui avance sur les premiers rangs du théâtre - il faut dire que j'étais idéalement placée, ça compte, au théâtre comme au concert, surtout
pour une première vraie rencontre...
Le langage, oui je l'ai entendu le langage.
La famille, oui j'ai entendu l'extrême force de ce qui est dit et montré, l'impitoyable (quoique tendre) regard sur la famille.
Et me voilà réconciliée avec la Comédie française...
J'ai oublié : je ne vais surtout pas vous gâcher la surprise, mais lorsque s'élève une certaine chanson, la délectation est à son comble, on savoure le moment...
(la composition du personnage de la belle-soeur étant inénarrable).
La famille, quoi.