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    <title type="html">Journal de Jean-Luc Lagarce</title>
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    <updated>2007-03-18T11:00:00+00:00</updated>
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        <name>theatre-contemporain.net</name>
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        <title>18 mars 1988</title>
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        <updated>2007-03-18T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Il devait y avoir soixante ou soixante-dix personnes. Des gens très jeunes, très beaux, souvent danseurs je suppose, et une douleur immense parce que solitaire, hébétée.&lt;br /&gt;
Pascale et moi avons assisté à l’incinération et je ne suis pas près d’oublier ce vide absolu, cet engloutissement mécanique.&lt;br /&gt;
Il n’y avait pas de cérémonie religieuse et pas de famille, seulement la sœur de Yano arrivée du Japon et pas de fleurs. Deux jeunes femmes ont chanté, une autre jeune femme a dit un texte magnifique et j’étais terrifié et puis ensuite il y a eu la cérémonie, de la musique à écouter chacun pour soi, sans l’aide de personne.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>17 mars 1987</title>
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        <updated>2007-03-17T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Ai vu l’autre jour à la Maison de la Culture de Bobigny, Le Roi Lear de Shakespeare, mise en scène, décors, costumes, accessoires, lumières, etc. de Matthias Langhoff.&lt;br /&gt;
Spectacle&amp;nbsp;«&amp;nbsp;hénaurme&amp;nbsp;», touffu, partant dans tous les sens. Un des&amp;nbsp;«&amp;nbsp;événements de la saison&amp;nbsp;» comme on dit.&lt;br /&gt;
Il est de bon ton de se pâmer, de tomber dans l’extase la plus admirative. Mon protestantisme me laissa plutôt perplexe.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>16 mars 1993</title>
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        <updated>2007-03-16T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Un triomphe. Tout simplement. Sans le moindre début d’une restriction. On vend le spectacle pour des mois entiers de tournée l’an prochain. Du public jusqu’au second balcon, huit ou neuf rappels chaque soir et un engouement des professionnels comme je n’en ai jamais connu. (L’enthousiasme sur Ionesco est venu lentement et plus tard, après la presse notamment.)&lt;br /&gt;
Voilà. Il doit y avoir un vice de forme, il va nous tomber dessus, attendons.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>15 mars 1992</title>
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        <updated>2007-03-15T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Le Docteur Salmon m’a conseillé fermement pour la première fois d’arrêter de travailler et de renoncer à Godot pour l’an prochain.&lt;br /&gt;
Mais au fond – une conversation très douce et intelligente (de sa part) avec François me conforta dans cette décision diffuse – je ne renoncerai à rien.&lt;br /&gt;
Et si la Mort me veut, qu’elle vienne me chercher&amp;nbsp;!&lt;br /&gt;
Je ne m’arrêterai pas à l’attendre, elle peut me faire tomber quand elle veut, nous verrons bien.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>14 mars 1988</title>
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        <updated>2007-03-14T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Un chauffeur de taxi jeune et joli garçon – comme dans les romans pornos idiots – me demanda de le caresser. Il voulait faire des détours&amp;nbsp;«&amp;nbsp;pour que nous restions plus longtemps ensemble&amp;nbsp;». C’était bien joli et bien excitant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J’ai dormi. Et ce matin, je me suis levé avec la tête pleine d’un bonheur de vivre si rare, qu’il n’est pas inutile de le mentionner.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>13 mars 1988</title>
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        <updated>2007-03-13T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Petits maux (mots) avec le charmant Léopold. Comment être amis sans être amants. Comment aller joyeusement au cinéma sans se réveiller morose devant l’exiguïté d’une salle de bains. (Toute mon existence, cela.)&lt;/p&gt;</content>
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        <title>12 mars 1986</title>
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        <updated>2007-03-12T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Il y a des élections législatives et régionales dimanche prochain. Cela agite le pays. Il n’y a qu’en France qu’on y voit tant d’importance (il est beaucoup question de changement de société, comme à chaque fois).&lt;br /&gt;
J’irai voter pour la première fois. Non par conviction profonde, mais parce que Le Pen (extrême droite) m’inquiète&amp;nbsp;: il est à souhaiter&amp;nbsp;«&amp;nbsp;ami lecteur&amp;nbsp;» qu’à l’heure où vous lisez ces lignes, vous ne sachiez pas qui c’est, parce que Le Pen m’inquiète, et parce que Badinter, Ministre de la Justice pendant ces cinq années, a droit à mes remerciements. Le reste est assez inessentiel.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>11 mars 1992</title>
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        <updated>2007-03-11T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Au fond – et qui en doute – je ne me suis jamais remis de la disparition de Gary.&lt;br /&gt;
C’est de là que tout vient ou là que tout s’est arrêté, comme l’évidence des erreurs.&lt;br /&gt;
L’autre jour, par hasard, je passe rue Charlot et je suis littéralement défait.&lt;br /&gt;
Rien ne compte.&lt;br /&gt;
Je n’écris plus depuis qu’il est entré dans ma vie – l’été à Berlin – et je n’écrirai plus.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>10 mars 1987</title>
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        <updated>2007-03-10T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Difficultés d’argent énormes, ne cessant de s’aggraver, lettres de rappel, un avis d’huissier (impôts), papiers bleus, verts, roses… («&amp;nbsp;Sauf erreur de notre part, vous êtes redevable de la somme de…&amp;nbsp;»)&lt;br /&gt;
On va droit aux ennuis. (En général, dans ce genre de situation, fin 84 par exemple, j’ai été sauvé par le gong, mais là, sœur Anne, je ne vois rien venir…)&lt;/p&gt;</content>
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        <title>9 mars 1994</title>
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        <updated>2007-03-09T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Ce soir au Centre d’Art contemporain de Bordeaux on passe mon film vidéo et on m’appelle pour me parler comme si j’étais un vieux sage chinois.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au théâtre – Athénée – Renaud Camus est venu et a cherché à me voir mais je n’y étais pas.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>8 mars 1986</title>
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        <updated>2007-03-08T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Énormément de travail. Swift, l’adaptation, les tentatives assez encourageantes d’organiser une nouvelle tournée de Crébillon, Centre de Rencontres (épuisant, ce Centre de Rencontres – avec putsch tous les matins et les zigzags ascendant scorpion de Fornier).&lt;br /&gt;
Grosses difficultés d’argent sur la production de Swift.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>7 mars 1992</title>
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        <updated>2007-03-07T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Le bon article de &lt;em&gt;Libération&lt;/em&gt; a autorisé les imbéciles à enfin aimer le spectacle –&amp;nbsp;«&amp;nbsp;j’en étais sûre, c’est très très bien&amp;nbsp;!…&amp;nbsp;» – mais le public, jamais relancé, n’est pas au rendez-vous.&lt;br /&gt;
Très bon article dans &lt;em&gt;Télérama&lt;/em&gt; sur&amp;nbsp;«&amp;nbsp;la nouvelle vague&amp;nbsp;» du théâtre français dont je suis, paraît-il, un des représentants (très belle photo très efficace).&lt;br /&gt;
Portrait de moi dans&lt;em&gt; 7 à Paris&lt;/em&gt; qui me fit reconnaître par quelques lointains compagnons nocturnes.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>6 mars 1989</title>
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        <updated>2007-03-06T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Dans mon lit, l’autre jour, le retour d’un jeune François. Il fait son service militaire à Châteauroux (Indre) et il joue du clavecin. Câlin, câlin. M’appelle à nouveau hier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un jeune Frédéric (23 ans). Petit pète-sec très&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Léopold&amp;nbsp;». Joli comme un cœur. Me met le grappin dessus et décide d’aller chez moi – malgré mes atermoiements – sans attendre. Nuit épuisante. La vie commune en quatre heures&amp;nbsp;: disputes et réconciliations.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>5 mars 1994</title>
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        <updated>2007-03-05T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Je suis comme un animal, une brave machine sans désir juste obsédée par sa propre survie. Tenir jusqu’à mardi.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>4 mars 1994</title>
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        <updated>2007-03-04T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Mulhouse. 13 h 50.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Immense théâtre tout neuf (1 200 places) un peu mégalo. Ai travaillé et ai fait travailler comme un animal la reprise du &lt;em&gt;Malade&lt;/em&gt; depuis hier.&lt;br /&gt;
Bon travail, belle équipe. Épuisant.&lt;br /&gt;
À 19 heures, suis allé à l’hôpital. C’était formidablement organisé. Suis retourné ce matin très tôt. Épuisant cela aussi. Cela se passera comme cela jusqu’à jeudi.&lt;br /&gt;
La Surveillante générale qui organise magistralement tout ça me dit avec une vraie gourmandise&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Un metteur en scène connu avec le Sida, c’était très original. Ça nous intéressait, ça nous change&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;</content>
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        <title>3 mars 1990</title>
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        <updated>2007-03-03T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Dans une interview donnée à l’occasion de la sortie de son dernier roman – qui raconte cela justement – Hervé Guibert annonce qu’il a le Sida et qu’il va mourir très bientôt. Il dit calmement les choses. Il va mourir.&lt;br /&gt;
Je reste abasourdi, dans la rue, les jambes tremblantes, comme s’il s’agissait d’un ami – mais n’est-ce pas de cela qu’il s’agit&amp;nbsp;? Qu’est-ce que je croyais&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
Tout le reste de la semaine occupé par cette nouvelle.&lt;br /&gt;
Je fais semblant mais je ne crois plus à rien.&lt;/p&gt;</content>
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        <title>2 mars 1994</title>
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        <updated>2007-03-02T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Hier, première à l’Athénée. Succès. Je crois qu’une partie de la salle était divisée mais gros succès à la fin. Belle représentation un peu chaotique mais belle. Les acteurs ensemble.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Patrice Martinet très enthousiaste et très attentionné. Un vrai directeur de théâtre comme je l’imagine. &lt;br /&gt;
Quelques femmes énamourées, Serge Valletti qui me parle désormais comme s’il m’aimait et les représentants du Ministère.&lt;/p&gt;</content>
    </entry>
    
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        <title>1er mars 1987</title>
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        <updated>2007-03-01T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Tentatives torrides – il est vrai que la semaine fut lourde – de réécriture de &lt;em&gt;Derniers remords avant l’oubli&lt;/em&gt; que j’ai soigneusement relu.&lt;br /&gt;
Début&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;
«&amp;nbsp;Bonjour, Paul.&lt;br /&gt;
– Salut, Pierre.&lt;br /&gt;
– Comment ça va&amp;nbsp;?&lt;br /&gt;
– Ça va…&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;
Etc. Je ne plaisante pas.&lt;br /&gt;
Et je ne lâcherai pas le morceau.&lt;/p&gt;</content>
    </entry>
    
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        <title>28 février 1994</title>
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        <updated>2007-02-28T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Hier, dans le quartier Opéra, sous la pluie d’un dimanche imbécile, sommes allés déjeuner Henri, Thierry, François et moi. J’ai mis un peu au point l’état de la maladie. Ce que je pouvais faire et ce que j’avais abandonné. C’était plutôt courtois.&lt;br /&gt;
Ensuite, nous avons parlé des projets. Ils seront coproducteurs de &lt;em&gt;Nous, les héros&lt;/em&gt; à l’automne et se contenteront d’accueillir &lt;em&gt;La Cagnotte&lt;/em&gt; au printemps.&lt;br /&gt;
C’était très étrange. J’entendais parler de moi, de ce que je vais faire comme si de rien n’était.&lt;br /&gt; J’avais le sentiment épuisant d’être un objet.&lt;/p&gt;</content>
    </entry>
    
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        <title>27 février 1994</title>
        <id>urn:md5:00bfa63786a80905d1f2d030b77dd2b2</id>
        <updated>2007-02-27T11:00:00+00:00</updated>
        <author><name>Jean-Luc Lagarce</name></author>
        <content type="html">&lt;p&gt;Peut-on vivre ainsi, faire semblant à ce point dans la solitude la plus effroyable, dans le désarroi, et pourtant sourire calmement&amp;nbsp;«&amp;nbsp;au milieu du Monde&amp;nbsp;»&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je n’irai pas loin ainsi, à rester debout, à répondre calmement aux questions en me disant que plus rien n’est pour moi…&lt;/p&gt;</content>
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