LUI, assis. – Je ne voudrais pas paraître me lamenter une fois de plus‚ comme vous dites‚ mais vous devriez essayer de comprendre mon problème‚ et vous asseoir...
ELLE, debout. – Alors‚ je n’hésite pas‚ ce n’est pas dans mes habitudes‚ et je lui dis‚ à nouveau : « Pas question ! »... Et il repart dans ses vieilles histoires... « Des histoires à dormir debout ! »
Elle hurle de rire.
Pardonnez-moi‚ ce n’est pas drôle... Je n’ai pas pu résister !
Elle rit.
LUI‚ assis. – Des jours que je suis là à attendre que l’on passe et que l’on s’arrête... Des jours ? Non‚ pas des jours‚ des mois‚ des années ! Vous seriez la plus... la plus merveilleuse des filles gentilles si... si vous vouliez bien vous asseoir... Un instant‚ rien qu’un instant...
ELLE‚ debout. – « Pas question ! » je lui dis. « Chacun pour soi et la vie sera bien gardée... ! » ... ou quelque chose dans cet esprit-là...
Un temps.
Ecoutez‚ je suis très bonne... je passais « mine de rien »‚ j’aurais pu continuer mon chemin comme beaucoup... Vous savez‚ ce n’est pas la pitié qui étouffe autrui...
LUI‚ assis. – Je sais‚ je sais...
ELLE‚ debout. – A la limite‚ d’ailleurs‚ excusez la digression... Vous‚ vous savez ce que veut dire « digression » ?
LUI‚ assis. – Oui‚ bien sûr.
ELLE‚ debout‚ en colère. – Arrêtez de tout savoir : vous finissez par devenir antipathique !...
Un temps.
Je voulais dire : « Rien n’étouffe autrui »...
LUI‚ assis. – Oui‚ bien sûr‚ bien sûr...
ELLE‚ debout. – « L’HOMME EST UN HOMME POUR L’HOMME. »
LUI‚ assis. – C’est évident...
ELLE‚ debout. – Et cessez d’être toujours aussi conciliant ! Soyez désagréable‚ de temps en temps ! C’est un des meilleurs moyens qui existent !...