Lumière.
3. – Je reviens à Elseneur, je suis de retour. Il est tard. La maison est semblable à toutes les autres... Elle a dû être payée avec je ne sais quelle indemnité... « large et généreuse »... accordée, on s’en souviendra... accordée à titre exceptionnel pour la belle et violente mort du père dans l’exercice de ses fonctions subalternes...
5. – La mère ouvre la porte de la maison... A Elseneur, le soir, qui peut venir lui rendre visite... ? Elle regarde le fils... Tu ne viens pas souvent me voir... Souvent, je pensais que tu ne reviendrais jamais... J’avais très peur...
1. – Je le savais. Ils restent l’un en face de l’autre, à se regarder. Il pense qu’elle est très âgée maintenant. Elle... elle regarde ces mains, il a les mains abîmées... blanches et calleuses... Il avait des mains de fille quand il était enfant, et là, aujourd’hui... « Profession difficile » et « problèmes sociaux », je vous épargne les détails douloureux... Elle... la mère... elle regarde ces mains... Celles du père aussi étaient abîmées, bien plus peut-être... Mais ce n’est pas une raison... Elle voudrait encore dire quelque chose sur son habillement... Elle n’aime pas les vêtements qu’il porte... mais plus tard, se dit-elle, plus tard, ce n’est pas le moment...
3. – Moi, je ne reste pas. A Elseneur, je n’ai rien à faire, rien à voir, rien à dire... Tout compte fait, ce n’était pas une très bonne idée...
5. – Non, ce n’était pas une très bonne idée. Nous n’avons rien à nous dire. Il y a trop de temps passé...
1. – Lui, il reste sur le quai... sur la plage, avec les autres... Il dit qu’il retourne à Elseneur, il dit toujours cela, son père est mort, sa mère voudrait le voir une fois encore... Mais là-bas, quand il arrivera...
2. – S’il arrive...
1. – Là-bas, il n’a pas grand-chose à faire, à dire ou à raconter...
Noir.