1988

Janvier – février
Travail sur un projet avec Denis Llorca pour l’année suivante ; titre choisi pour la pièce : Les Aveugles, les Pionniers et les Colons.
Le 23 janvier, naissance de Florent, le fils de son frère.
Le 26 janvier, quitte définitivement Besançon pour Paris : « N’ai plus d’adresse, "n’habite plus ici", "cette ville". Fin de cet épisode-là. »
Avance « très sérieusement » sur Mes deux dernières années et sur Don Quichotte.
Le 2 février, sortie du tapuscrit Derniers remords avant l’oubli.
Nombreux rendez-vous à propos de Chroniques maritales ; difficultés avec les ayants-droit.
Mise en scène envisagée de La Double Inconstance de Marivaux pour le printemps 1989 au CDN de Franche-Comté, mais Llorca renonce au projet Les Aveugles, les Pionniers et les Colons.
Projet de scénario en collaboration avec Ivane Daoudi : Missionnaires et Cannibales d’après Mary McCarthy.
Projet d’écriture : « Une pièce courte qui me trottait dans la tête depuis quelque temps. Cela s’appelle Les Adieux. »
Augmentation substantielle de la coproduction de Planoise dans Chroniques maritales, tandis que Mulhouse, Mâcon et Montbéliard semblent prêts à acheter d’avance le spectacle.
« Discipline de travail. Lever tôt. Travail jusqu’à 13 heures. Une petite balade et retour vers 15 ou 16 heures, puis travail jusqu’à 20 heures environ tous les jours. »

Mars
Le 1er, termine Don Quichotte.
Lectures marquantes : Journal romain, puis Journal d’un voyage en France de Renaud Camus. Spectacle marquant : Le Discours aux animaux de Valère Novarina.
Travail régulier et intensif sur Mes deux dernières années. Idée d’une refonte de L’Exercice de la raison .
Reprise des Égarements du cœur et de l’esprit à Dole.
Le 12, mort de Hideyuki Yano.
Le 13, obtient une bourse d’aide à l’écriture du Centre national des lettres.
Obtient les droits pour Chroniques maritales de Jouhandeau.
Séances de travail avec Kate et Mike Westbrook sur Quichotte.

Avril – mai
Travail « inquiet » sur Mes deux dernières années. Pense à un nouveau titre : Les Adieux.
Refuse une proposition de la Salle Gaveau : mettre en scène l’adaptation du Naufragé de Thomas Bernhard. Abandon du projet La Double Inconstance de Marivaux suite aux désistements de Llorca et du théâtre de Malakoff.
Le 11 mai, parution d’un article qu’il a écrit pour 7 à Paris.
Les 19 et 20 mai, lectures publiques à Besançon de Ruines romaines de Minyana, Chroniques maritales d’après Jouhandeau et Quartett de Heiner Müller.
Début de sa correspondance avec Renaud Camus.
Projet d’écriture d’un scénario autour de Quai des Grands-Augustins de Jean Rhys.

Juin – juillet
Le 12 juin, termine Les Adieux et envoie le manuscrit à POL.
Enregistrement de Derniers remords avant l’oubli à France Culture
Difficultés financières pour La Roulotte.
Travail sur une deuxième version de L’Exercice de la raison ; titres envisagés : Les Provinciaux, Les Héritiers ou Les Conquérants.
Lecture marquante : Les Mutilés de Hermann Ungar.
Samedi 23 juillet, découvre qu’il est séropositif : « Regarde (depuis ce matin) les choses autrement. Probable, je ne sais pas. Être plus solitaire encore, si cela est envisageable. Ne croire à rien, non plus, ne croire à rien. Ou bien plutôt tricher, continuer de plus belle, à tricher. Sourire, faire le bel esprit. Et taire la menace de la mort – parce que tout de même… – comme le dernier sujet d’un dandysme désinvolte. »

Août – septembre – octobre
Lecture marquante : A. O. Barnabooth : son journal intime de Valery Larbaud.
Travail sérieux et difficile sur Les Héritiers. Nouveau remaniement des Adieux ; titre possible : Et quelques éclaircies.
Le 12 septembre, début des répétitions de Chroniques maritales de Jouhandeau.
Les Adieux refusé par les Éditions de Minuit.
Le 22 septembre, série d’examens à l’hôpital Claude-Bernard.
Spectacle marquant : Le Criminel de Leslie Kaplan, mise en scène de Claude Régy.
Le 9 octobre, enregistrement d’une interview à France Culture autour de Derniers remords avant l’oubli.
Tentative de travail sur Les Héritiers : « Et si cela s’appelait Les Prétendants ? (Ceux qui prétendent.) »
Le 25 octobre, premier filage de Chroniques maritales.

Novembre – décembre
Le 3 novembre, première de Chroniques maritales à Besançon. Deux autres représentations le 4 et le 5 : « Du public et rien que des compliments. Spectacle mûr et abouti. »
Représentations à Montbéliard et au Centre Pompidou à Paris.
Lecture marquante : Les Gangsters de Hervé Guibert.
Le 20 novembre, termine Les Prétendants.
Séances de travail sur Quichotte.
Lit La Province de François Mauriac et Journal 1953-1973 de Matthieu Galey.
POL refuse Les Adieux.
Du 15 au 17 décembre, participe à un colloque sur l’écriture théâtrale contemporaine à Besançon : « Terrible d’ennui. À se pendre. »
Pourparlers avec le Théâtre de l’Athénée à propos de 57-87.